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22 Novembre… Time to play

Piano, piano, piano…Avec ma belle professore italienne, fraiche émoulue du Conservatoire (et drôlement moulée dans son pantalon..). Ce soir, petit comité restreint, mais international pour une jolie verticale de mon vin. Après avoir dégusté toutes mes plus grandes réussites, cette petite assemblée va pouvoir entendre le virtuose que je suis… Ainsi, ils iront porter la bonne parole aux quatre coins du monde. Je les entends d’ici :  « Non seulement son vin est divin mais en plus, quel homme formidable ! Le piano, la conversation, l’humour, la culture, la maîtrise des langues…. ». Tiens à propos, il faudra que je montre à ma belle transalpine comment je la maîtrise bien cette langue, et elle me fera profiter de son doigté. Quelles mains elle a ! Une promesse ! Ah, mais p… Béla Bartok pour s’exercer, quelle plaie !

15 Novembre déjà… et demain le cirque continue

Allez, je reprends mon journal, complètement abandonné pendant les vendanges… Surtout que là, je suis obligé de rester dans ce château vide, froid et humide pour recevoir les chinois demain. A l’aube en plus !!!  Ils ne se mettent même plus à l’heure française quand ils débarquent ces noiches. P… demain à 7h30. Bon, l’avantage c’est que demain à l’heure où j’écris, j’aurai quitté ce vignoble terne et triste à mourir pour me faire un bain urbain. Je me suis d’ailleurs toujours demandé comment il était possible qu’une région viticole aussi peu excitante que la mienne pouvait donner le meilleur vin du monde!  En même temps, beau vignoble ne veut ps dire grand vin. PAr exemple, je suis allé dans la Vallée du Douro au printemps dernier, et là, mes aïeux, ça claque ! Des terrasses, des vignes, des amandiers, des citronniers,des oliviers à perte de vue… Assez phénoménal.  Mais leur vin sirupeux… et tout le tintouin qu’ils font autour…que je te passe la carafe de main en main en main en main jusqu’à ce qu’elle soit vide… Chez moi, j’emmerde personne avec les traditions de touristes . Ici le premier qui commence le le La la la la la la la la lère se fait éjecter illico. Et si c’est un con d’invité qui s’y met, il finit la soirée au 93… histoire de finir mon stock de TCA… Tiens à ce propos,  demain, mes copains de Pékin, faudra que je leur en file un peu. Ils n’y verront que du feu !  Sont tellement à genou devant mon étiquette. N’ont aucun sens critique ceux-là. Pas comme les Jap qui commencent à pinailler beaucoup trop à mon goût. Avec les pékinois et consorts (ça fait beaucoup, c’est ça qui est bien) tout ce qui est très cher est très bon. Une vraie aubaine pour mes vieux stocks, tous ces millésimes lavasses trichloroanisolés que l’autre tarlouze de maître de chais faisait sur le plus grand terroir du monde.  Un vrai scandale ! Tiens celui-là, il n’a pas fait long feu non plus, ni une ni deux que je te l’ai fait renvoyer ce dandy de mes deux. Je devais bien faire mon trou, c’était moi ou lui .  Et là, quand je vois encore dans la cave ces piles de vin foutu que je dois toujours commenter aux quatre coins du monde, enfin, de la Chine à présent, ça me rend malade !
Tiens, vais m’ouvrir un Nacional de Noval pour oublier tout ça. Il faut avouer que ça, c’est l’exception du Douro. Un truc d’une suavité ! Dommage que je sois seul ce soir, j’aurais bien été inspiré…Une chose appréciable quand on fait, comme moi , le plus grand vin du monde, c’est qu’on on ne perd pas trop son temps à goûter les merdes locales. Les types des autres vignobles vous filent tout de suite le meilleur du cru. Bon, sont bien gentils là en me disant qu’en vieillissant leur Nacional leur fait penser à mon appellation… Ont du boire ceux de mes voisins ces cons. Aucun vin ne ressemble au mien ! Qu’on se le dise. Bref, ai quand même accepté un échange de bouteilles, deux de la leur contre une des miennes. Ils ont fait la moue, mais bon, ils n’allaient pas s’imaginer, comme au bon vieux temps, que j’allais céder une bouteille contre seulement une des leurs. Ça va, il est sympa leur Nacional franc de pied, mais franchement, ça ne casse pas trois pattes à un canard, comparé au mien. Le pire maintenant c’est qu’ls prétendent  faire des grands vins secs là-bas, dans la Vallée du Douro,  avec leurs cépages bons qu’à produire du sirop. Mon dieu, il y a tellement de mâche que même une chèvre aurait du mal à l’avaler. Serais curieux de voir leur indice tannique à ces vins de Hulk.
Allez, au lit. Ah, p… seul dans mes draps bleus, froissés et gelés !!! La bonne est partie sans passer la chaufferette. Enfin, la bonne… la voisine-femme de ménage  de mon ouvrier agricole. Lui, je comprends pourquoi il fait des heures sup. Avec ça à la maison, on n’est pas motivé pour rentrer. Dommage qu’il ne soit qu’ouvrier, sinon, je déjeunerais bien avec lui. Je l’aime bien celui-là. Bon, lundi je vire sa femme quand même et  j’embauche une petite potable à temps complet, 7/7 24/24. Ça doit bien se trouver ça, par les temps qui courent. En plus, je saurais l’occuper la biche, esseulée dans ces longs couloirs sordides…Et puis avec un Nacional, elle ne sera pas longtemps farouche la bougresse.

24 septembre, les vendanges… un pensum

Faut penser à tout dans cette maison ! 4ème jour seulement  et les emmerdes commencent déjà ! Je lui avais dit à cette conne de secrétaire de mettre mon vieux sécateur sur mon bureau, à droite, là, bien VISIBLE ! Quand je pense qu’il faut dire « assistante » maintenant ! Mais c’est elle l’assistée !!! J’ai dû en prendre un neuf du coup. J’avais l’air de quoi devant ce journaliste ce matin ??? Il a bien vu que j’étais outillé de la veille… @!!! Et d’ailleurs, qu’est-ce qu’il foutait là celui-là. Ils débarquent dès le 4ème jour des vendanges maintenant ces folliculaires ???  Avant on était tranquille au moins. Ils ne quittaient pas leur fauteuil parisien. C’est quoi cette dernière mode de la presse vineuse parisienne de se prendre pour des grands reporters ? C’est Jean-Paul Kaufmann qui leur a donné mauvaise conscience ou quoi ? Ils « viennent regarder les raisins, pour mener leur enquête »… En quête de quoi ? De leur incompétence ???  Ce matin donc, cet idiot, avec son air narquois, descend de sa voiture louée et se penche, du bas de ses semelles en cuir pour cueillir un raisin et apprécier sa maturité … je vous jure, ils se prennent pour un mustimètre vivant ou quoi ?  « Je souhaite goûter la maturité des pépins »!  Mais depuis quand on fait du vin avec des pépins ??? Ce sont eux les pépins immatures ! Mais quelle comédie !  Bon, heureusement, ce cirque tourne court. En 8 ans de ronde,  pas un seul de ces guignols n’a  dépassé le 4ème rang ou 4ème pied de vigne ! Alors, le mot d’ordre, ici on le connaît : un jardin japonais au bord des routes. Pas le moindre soupçon de pourriture. Des billes étincelantes pour ces journaleux de passage. Au-delà, le raisin pourri, on en fait notre affaire. On sait faire. Bon, vais me coucher. Suis éreinté, à force de faire semblant de soulever des cagettes, pour être « proche » de mes vendangeurs, pour respecter l’esprit « d’équipe », comme dit mon chef de culture… ou pire, comme a osé dire quelqu’un (faudra que je sache qui demain), pour « l’esprit de fraternité »… quelle horreur !


			

22 septembre, les vendanges, déjà marre…

5h48… Ça ne va pas être possible là, pas ça pendant 3 semaines ! Bon, demain  je ne me lève pas. Je vais avoir le réveil aléatoire cette année. Ça leur fera les pieds aux petits œnologues de mes deux… Ils vont être au garde à vous pendant 3 semaines ceux-là. Et dès 6h00 ! Lèche-bottes !
Je les ai dans le collimateur avec leur air de petit marquis. Quatre années à faire des équations absurdes et à manipuler des fioles avec des lunettes ridicules sur le nez.  Quatre années sans voir un raisin à « l’AGRO »  et ils croient savoir faire du vin…
Bon, je me calme,  après tout, c’est moi qui l’ai bien voulu, ce collégial. Enfin, ce sont un peu les assurances qui m’ont forcé la main… « Un processus de décision collégial, un partage du savoir-faire », je les cite, pour « garantir la pérennité de la qualité du vin »… Pfff, comme si un de ces sous-fifres était capable de garantir la qualité du vin si jamais je devais passer sous un tracteur. Ce cru, il est au firmament grâce à moi, mon intuition, mon nez, mon palais, ma vision et mon ambition ! Et ça, ce n’est pas reproductible. Après moi, le déluge !  Je n’aurais jamais du céder. Mais bon, tous ces avocaillons parisiens, ça fait 30 ans qu’ils lobotomisent mon boss qui, à force, se protège de tout, même de son ombre. Et me voilà donc à me coltiner ces couilles-molles qui ne font qu’opiner toute la journée, à défaut de pine haut!

20 septembre, le mois des vendanges…

Ça y est. Tout est prêt. C’est parti pour le pire mois de  l’année. LE MOIS DES VENDANGES ! Demain 300 coupeurs/vendangeurs débarquent. En 17 ans de vendanges, rien eu de baisable en vue ! Ah si une fois, cette petite stagiaire suisse, fille du banquier de mon boss,  à qui Cahuzac aurait donné ses sous sans confession. Mais dans la cave, à la tombée de la nuit…Un vrai bouquetin la belette. Sautillait de cuve en cuve, en redemandait encore et encore de ma pipette ! Inépuisable ! Ne me lâchait pas la grappe ! Haha, mes jeux de mots me feront toujours rire. Bon, on va quand même scruter de prêt les équipes demain, sait-on jamais, qu’un beau cul se soit perdu par là…

L'amour dans un Tonneau Le Volatile